Le biobrut est produit à partir de matières premières cellulosiques et constitue le contenu biosourcé mélangé à des matières premières fossiles pour produire des carburants renouvelables co-traités dans une raffinerie de pétrole conventionnelle. Le mazout renouvelable est un mazout de chauffage cellulosique destiné à des applications résidentielles, commerciales ou institutionnelles.

Matières premières et technologies

Le biobrut est une bio-huile synthétique concentrée qui remplace le pétrole brut et qui est produite par conversion thermochimique d’une large gamme de sources de biomasse (résidus forestiers, résidus de culture, vieux papiers et déchets organiques).

Deux principales filières sont utilisées pour produire le biobrut : la pyrolyse et la liquéfaction hydrothermale.

Le procédé de pyrolyse utilise la décomposition thermique qui se produit en l’absence d’oxygène. C’est la première étape des procédés de combustion et de gazéification, suivie d’une oxydation totale ou partielle des produits primaires. Une température basse et un temps de séjour long de la vapeur favorisent la production de charbon.

Une température élevée et un temps de séjour long augmentent la conversion de la biomasse en gaz, tandis qu’une température modérée et un temps de séjour court de la vapeur sont les conditions optimales pour la production de liquides.
Lors de la pyrolyse rapide, la biomasse se décompose pour générer principalement des vapeurs et des aérosols, ainsi qu’un peu de charbon. Après refroidissement et condensation, un liquide mobile brun foncé se forme, dont le pouvoir calorifique est environ la moitié de celui du mazout conventionnel. Bien qu’elle soit liée aux procédés traditionnels de pyrolyse pour la fabrication du charbon, la pyrolyse rapide est un procédé avancé, dont les paramètres sont soigneusement contrôlés afin d’obtenir des rendements élevés en liquide.

Les caractéristiques essentielles d’un procédé de pyrolyse rapide pour la production de liquides sont les suivantes :

  • Des taux de chauffage et de transfert de chaleur très élevés à l’interface de réaction, ce qui nécessite généralement une alimentation en biomasse finement broyée;
  • Une température de réaction de pyrolyse soigneusement contrôlée d’environ 500 ºC et une température de phase vapeur de 400 ºC à 450 ºC;
  • Des temps de séjour courts de la vapeur, généralement inférieurs à 2 secondes;
  • Un refroidissement rapide des vapeurs de pyrolyse pour obtenir la bio-huile.

Pratiquement toutes les formes de biomasse peuvent être envisagées pour la pyrolyse rapide. Bien que la plupart des travaux aient été réalisés sur le bois en raison de sa consistance et de la comparabilité des tests, près de 100 types de biomasse différents ont été testés par de nombreux laboratoires, allant des déchets agricoles tels que la paille, les noyaux d’olive et les coquilles de noix aux cultures énergétiques telles que le miscanthus et le sorgho, en passant par les déchets forestiers tels que l’écorce et les déchets solides tels que les boues d’épuration et les déchets de cuir. Source : IEA Task 34

Le biobrut peut également être produit à l’aide d’un autre procédé de conversion thermochimique, la liquéfaction hydrothermale, qui est la dépolymérisation thermique de la biomasse humide à une température modérée et à une pression élevée. Pendant quelques minutes, ces conditions imitent les processus géologiques qui ont converti les matériaux d’origine biologique en énergie carbonée dans la croûte terrestre pendant des millénaires. La liquéfaction hydrothermale produit directement une huile liquide, tandis que la pyrolyse produit un gaz de synthèse qui est converti en huile liquide en présence d’un catalyseur.

Les matières premières de la biomasse pour la liquéfaction hydrothermale comprennent les déchets biologiques (fumier et déchets de transformation des aliments), les déchets des procédés industriels (p. ex. les boues d’épuration), la lignocellulose (résidus de culture) et les algues.

Applications

Le biobrut est compatible avec les technologies de raffinage existantes lorsqu’il est prétraité et co-traité avec du pétrole brut à de faibles niveaux pour être converti en essence et en diesel renouvelables.

Le biobrut est également utilisé depuis des décennies comme combustible à faible intensité carbone pour le chauffage et le refroidissement, et peut être utilisé par les services publics et les utilisateurs institutionnels dans les chaudières commerciales et industrielles conventionnelles existantes.

Le co-traitement des bio-huiles dans les raffineries offre aux raffineurs la possibilité d’utiliser les installations de raffinage existantes pour produire des carburants à faible intensité carbone. Le biobrut a fait ses preuves au Canada, en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud.

Membres producteurs et distributeurs

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